Mes créations · Parcourent les limites entre le particulier et l'universel · Créent une passerelle entre l'intériorité et l'apparent
I — Mes Écrits
« La mort peut facilement me frapper. Mais, tant que je pourrai, je l'éviterai. Bien sûr, un jour, je serai face à la mort. L'important est quelle empreinte laissera ma vie et ma mort, dans celle d'autrui… »
Samad Behraingui
Traduit du persan et illustré par Ata Irvani
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Dans ce conte philosophique de Samad Behraingui, un jeune poisson noir décide de quitter le ruisseau où il a toujours vécu afin de découvrir le vaste monde. Malgré les avertissements et les peurs des autres poissons, il entreprend un voyage rempli de rencontres et de dangers. Au fil de son aventure, il découvre la liberté, la réflexion personnelle et le courage face à l'injustice.
Chaque personnage rencontré représente une manière différente de voir le monde : certains encouragent la curiosité, d'autres défendent la peur ou l'obéissance. Le petit poisson apprend à penser par lui-même et à ne pas accepter les limites imposées par la société. Cette œuvre symbolique critique la soumission et valorise la quête de connaissance et de liberté. La fin ouverte laisse au lecteur un message d'espoir et de résistance.
| Auteur | Samad Behraingui |
| Illustrateur | Ata Irvani |
| Collection | Mes Écrits — I/IV |
| Statut | Cherche éditeur |
Samad Behraingui (1939–1968) était instituteur, écrivain et traducteur azerbaïdjanais iranien. Né à Tabriz, il enseigna dans les villages ruraux d'Azerbaïdjan, où il recueillit les contes et légendes populaires pour les transmettre aux enfants.
Mahi-e Siah-e Kuchulu — Le Petit Poisson Noir — fut publié en 1968. Traduit dans le monde entier, il est devenu l'un des classiques les plus importants de la littérature jeunesse du XXe siècle.
Samad Behraingui disparut dans les eaux de l'Aras à l'âge de 29 ans. Son œuvre demeure une fable universelle sur le courage de partir, de douter, et de continuer malgré tout.
Extraits du livre illustré — traduit du persan de Samad Behraingui par Ata Irvani
C'était la nuit de Yalda, la première nuit d'hiver. Au fond de la mer, un vieux poisson avait réuni autour de lui douze mille de ses enfants et petits-enfants. Il leur racontait une histoire :
« Il était une fois un petit poisson noir qui vivait avec sa mère dans un cours d'eau. Ce cours d'eau jaillissait des parois rocheuses de la montagne et coulait au fond de la vallée.
La maison du petit poisson noir et de sa mère se trouvait derrière une pierre noire, sous un toit de mousses. La nuit, tous les deux dormaient sous les mousses. Le petit poisson noir gardait au fond du cœur le désir de voir, au moins une fois, le clair de lune dans leur maison !
La mère et l'enfant, du matin au soir, se suivaient l'un l'autre, et parfois aussi se mêlaient aux autres poissons. Ils allaient et venaient très vite dans un petit espace.
Cet enfant était unique car, des dix mille œufs qu'avait pondus sa mère, lui seul avait survécu.
Depuis quelques jours, le petit poisson était préoccupé et parlait très peu. Avec lassitude et sans entrain, il allait et venait d'un côté, de l'autre, et la plupart du temps il se laissait distancer par sa mère.
La mère croyait que son enfant souffrait de quelque malaise qui passerait bientôt. Mais ne dis rien, car la souffrance du petit poisson noir venait d'autre chose !
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